Manifeste pour la comédie romantique

JE PENSE DONC JE RIS

 

On ne choisit pas la comédie romantique, c’est elle qui nous choisit.
Un jour, elle se pointe sur ses talons aiguilles et balance, l’haleine légèrement parfumée au champagne : « Toi ma fille, tu vas écrire pour moi. À toi les happy end, les meilleures copines bourrées, les héros irrésistibles, les course-poursuites dans les aéroports et les quiproquos. » Et elle s’en va, en titubant légèrement (c’est désormais notre BFF), dans un nuage de paillettes. Nous, on reste là, comme des connes, alors qu’on rêvait d’écrire une auto-fiction torturée. Et on se dit : « Pourquoi moi ??! » 
Écrire pour se faire du bien, c’est mal. Écrire pour faire du bien, c’est très mal. Pourtant, au commencement, il y avait bien Adam et Eve, deux personnages de comédie romantique créés par Dieu lui-même, avec en guest un serpent qui parle comme dans un Walt Disney. Dire que si le héros avait choisi une pêche, des millénaires de relations homme-femme auraient été bouleversés…
Quelques années plus tard, Molière, Marivaux, Beaumarchais, Guitry et Colette ont écrit des comédies sentimentales qui ont marqué leur époque, fait sauter des verrous, évoluer les mœurs, mais surtout, ils nous ont fait rire.
Et puis il y a eu Bridget Jones, Carrie Bradshaw, Becky Bloomwood, et vous et nous, qui tentons de décrypter les rapports amoureux et de capter l’air du temps tout en répondant à des questions aussi existentielles que :
– Faut-il boire le mojito à moitié vide ou à moitié plein ?
– Est-il mentalement sain de vouloir les cheveux lisses quand on a les frisés, ou inversement ?
– Le bol est-il la nouvelle assiette ?
– Pourquoi « elle » avec « lui » ?
– Faut-il googler « Daniel Craig nu » ou « Tom Hardy célibataire » ?
– La femme est-elle un homme comme les autres ?
Nous, Isabelle Alexis, Tonie Behar, Adèle Bréau, Sophie Henrionnet, Marianne Levy et Marie Vareille, nous dévouons pour répondre à ce genre d’interrogations fondamentales, et militons pour le droit à la comédie romantique. Après tout, un couple sur deux ne se sépare pas (même si on ignore toujours les chiffres officiels de leur consommation d’anxiolytiques). 
Alors vive la comédie romantique, genre mineur, dont on a un besoin majeur !

 

Ce manifeste a été publié le 16 mars 2016 sur

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